Sixty Two and a Half (3’24)

This Ain’t no Promised Land (3’10)

No Home to Speak Of (4’48)

Blood Sweat and Sorrow (3’53)

Rollin and Tumblin (3’44)

Guilty as Born (3’00)

Au Bord de l’Eau (3’24)

I’m Really Glad I Met Her (3’43)

One and One Makes Three (3’37)

Hand Me Down My Walking Cane (4’02)

Maggie’s Farm (4’52)

 

UP THE MISSISSIPPI – les Chansons

THIS AIN’T NO PROMISED LAND
(Jay Ryan)

Je suis un immigré, tout comme mes grand-parents, mon filleul, mes amis, et la liste est longue … Partir, voyager et tout reprendre à zéro. C’était le Rêve Américain ! Aujourd’hui, de tristes scènes défilent devant nous. La dure réalité nous rattrape. Les choses ont bien changé. Ce n’est peut être plus la Terre Promise.
En 1964, Chuck Berry a enregistré «Promised Land». Il raconte sa traversée des États-Unis, de Norfolk (Virginie) à Los Angeles (Californie). Bus, train, avion, il voyage comme il peut pour se rendre à destination. Il fait quelques rencontres, trouve de l’aide, puis une fois arrivé sur la Côte Ouest, il passe un simple coup de fil aux gens du pays pour leur dire que la terre promise les attend tous et qu’il suffit de prendre la route. Le plaisir de découvrir et la joie d’arriver dans un lieu inconnu se succèdent. C’est aussi l’occasion de tout reprendre à zéro, à nouveau … Chuck Berry nous a quittés récemment. C’était peut-être un présage. Le Rêve Américain semble maintenant moins facile. Ce pays n’est plus vraiment une terre promise. Triste spectacle !
«This ain’t no promised land» est une «protest-song» d’aujourd’hui.

SIXTY TWO & A HALF
(Jay Ryan)

Un jour quelqu’un m’a demandé mon âge, j’ai répondu “62 ans et demi”, comme ça venait, sans plaisanter; quand j’étais enfant et que quelqu’un me posait la même question, je disais “7 ans et demi” ! Je crois que j’aimerais être plus jeune aujourd’hui, pas plus vieux ! Veuillez noter, Mesdames et Messieurs, que c’est le premier solo de guitare de ma vie … et que 62 et demi est un âge dejà bien révolu … Aussi ne me comparez pas à qui que ce soit … Merci d’avance … Je remercie cependant le club de blues Antone’s à Austin Texas. La plupart de la musique qui trotte dans ma tête vient de cette salle sombre et merveilleuse en 1975.

BLOOD SWEAT AND SORROW
(Jay Ryan, Marco vichi)

Bon, c’est vrai, c’est du lourd, ça parle de certaines choses en Amérique qu’on aimerait pouvoir oublier. C’est dur pour un blanc de parler de l’expérience des noirs ; nous essaierons d’en donner notre version le plus honnêtement possible. J’ai beaucoup réfléchi à ce sujet, nous en avons enregistré notre vision, sans même essayer d’imiter un bluesman du fin fond du Mississippi. C’est un hommage aux gens qui ont laissé leur santé pour construire ce pays.
Je remercie les musiciens du groupe pour les magnifiques suggestions et leur prestation; et merci également à Marco Vichi qui a apporté l’idée originale et m’a encouragé à lui donner vie.

HAND ME DOWN MY WALKIN CANE
(traditional)

C’est un des premiers morceaux que j’ai appris en commençant la guitare. J’étais alors bassiste depuis toujours. La guitare était un grand changement pour moi. La version que je connaissais était celle que Norman Blake enregistra en solo pour le label Rounder Records dans les années 70. Je n’imagine pas ce qu’il parvient à faire sur une vieille Martin. Notre version est ironique. Mes premiers efforts sur une guitare électrique. (Merci Arnaud pour ta guitare). Je mets au défi quiconque de me dire ce qu’est ce son dans le fond qui fait penser à un Donald Duck swinguant ! On vieillit, alors passe-moi ma cane semble approprié.

NO HOME TO SPEAK OF
(Jay Ryan)

J’ai pensé à Raymond Carver, à moi-même, à ma famille, à l’Histoire des USA, terre que j’aime, terre que je désapprouve aujourd’hui, l’énigme des humains pour le pire comme le meilleur. Je l’ai entamée comme un tribut à John Lee Hooker et ensuite transformée en une odyssée de l’espace sous influence Hedningarna grâce à l’archet de Marten et les percussions de Jean-Serge. Merci à Marten pour sa guitare 12 cordes et à Arnaud pour le prêt de sa Gibson 125.

ROLLIN AND TUMBLIN
(Muddy Waters)

Cette chanson n’a pas été écrite par Muddy Waters mais il en a fait le succès. Le premier enregistrement était l’oeuvre de Willie Newbern à Atlanta en 1929. Nombre de versions ont été enregistrées depuis. Cette version utilise les paroles de Muddy et utilise le banjo et le violon en lieu et place de la guitare slide de Muddy. Ce n’est pas une chanson facile, elle a une curieuse structure d’accords qui en fait le charme. Notre version peut paraître un peu «autochtone américain» mais ça me va. Il y avait plein d’autochtones dans le Sud qui se sont engouffrés dans le melting pot musical. Cherchez dans les disques “Cinq Planètes” “Les haricots sont pas salés”. Premier morceau : Bee Fontenot est un noir américain cajun et autochtone. Comme ils disent en France : “C’est normal!”.

AU BORD DE L’EAU
(Philippe Gosselin)

La langue de Molière a été interdite dans les écoles de Louisiane pendant un demi siècle. Les autorités pensaient plus facilement intégrer les communautés les plus pauvres à la société moderne américaine. Depuis quelques décennies, ces mêmes autorités ont fait machine arrière afin de promouvoir l’usage du français. Panneaux de signalisation, affichettes dans les points de vente, serment d’allégeance au drapeau des États-Unis, menus dans les restaurants, émissions de radio, chansons … le français existe sur les rives du Mississippi.
Comme son titre l’indique, « Au bord de l’eau » est la chanson francophone d’Up The Mississippi. Elle est simple mais pas aussi facile à chanter qu’à danser.
« Mon histoire avec Philippe Gosselin remonte au début des années 80. Il jouait dans Veine Bleue, mon premier groupe en France. Il était à la guitare et au chant (quand les paroles étaient en français). Je tenais la basse et trouvais des batteurs ici et là. Nous avons joué à travers toute la France en nous déplaçant dans une fourgonette bleue. J’ai demandé à Philippe Gosselin s’il avait dans ses tiroirs une chanson cajun. Il a écrit « Au bord de l’eau » dans la foulée. J’en ai changé la fin en y ajoutant du tabasco et un peu d’anglais. Ne m’en voulez pas les amis … C’est vraiment pas facile de chanter en français ! »

GUILTY AS BORN
(Jay Ryan, )

J’ai eu l’idée de cette chanson après avoir renversé une fois de plus la sauce spaghetti sur ma belle chemise toute propre. Que dire d’autre … On a tous l’impression de parfois traverser une mauvaise passe, mais moi probablement plus souvent que les autres ! J’ai tenté d’y mettre une touche du feeling du blues de New Orleans, pas évident … Une nuit, j’ai dormi sur un banc dans un parc sur les rives du Mississippi tandis que je voyageais en auto-stop au début des années 70. La ville était sympa, tout comme ses habitants, il y avait de la musique à tous les coins de rue, je n’y suis jamais retourné, j’aimerais bien le faire un jour … Un grand merci à Mark Weissberg pour son aide à éditer les paroles.

ONE AND ONE MAKES THREE
(Jay Ryan)

Au départ ce morceau était censé être une sorte de Shuffle de Nashville et il s’est transformé en une chanson Western Swing. J’ai récemment lu dans “Deep blues” de Robert Palmer comment un jour, le grand guitariste de blues du Delta, Robert Nighthawk de l’Arkansas jouait dans la rue dans une ville de l’ouest du Texas. Des gars du coin qui avait un orchestre de country l’ont écouté jouer et sont tombés sur leurs culs. Ils lui ont immédiatement demandé de se joindre à leur groupe. C’était peut-être la naissance du Western Swing, qui sait ? Merci à Arnaud pour sa Gibson ESS 125 et au groupe pour avoir amené cette chanson à sa destination. Paul joue l’authentique violon Texas Swing pour les aficionados.

MAGGIE’S FARM
(Bob Dylan)

Bob Dylan est né dans le Minnesota, l’Etat où le Mississipi prend sa source, alors il m’a semblé qu’une chanson de Bob était indispensable à l’album, la moindre des choses, non ? J’ai commencé à chanter cette chanson dans les années 80 avec Veine Bleue. Maintenant j’ai vieilli, beaucoup travaillé, eu beaucoup d’emplois, des bons, des mauvais et des très mauvais … Cette chanson est en honneur des salauds, les emplois qui peuvent tuer (par exemple chauffeur de taxi à New York!). Un grand merci à l’orchestre pour le super rythme et les solos et à Arnaud pour m’avoir prêté sa Telecaster qu’il a fabriquée lui-même.

I’M REALLY GLAD I MET HER
(Tyler Jameson Barnes)

Ma relation avec Tyler Jameson Barnes remonte à loin. Etonnamment nous venons de California dans la région de Los Angeles : lui de Hollywood et moi d’un ville côtière. Nous avons tous deux changé de région très jeunes et nous nous sommes rencontrés à Austin, Texas dans les années 70. Tyler est un poète publié, un compositeur et un luthier; c’est aussi un excellent cuisinier et ami. Je suis très heureux qu’il ait pu participer à cet album. Ça lui a permis de revenir à la musique au point qu’il est maintenant en train de composer des chansons et de monter un groupe en vue d’un enregistrement. Bonne chance à toi Tyler ! Le solo de guitare est joué par Stéphane Missri. Combien de musiciens comme lui peuvent aussi bien jouer d’autant d’instruments différents dans l’esprit traditionnel ? Quelques-uns mais ils ne sont pas nombreux.

Credits

Jay Ryan: voix lead, guitares

Stéphane Missri : guitares, lap steel guitar, voix

Marten Ingle : contrebasse, basse, voix

Jean-Serge Karsky : batterie, percussions, washboard, cuillères

Paul Susen : violon, mandoline acoustique et électrique

Toutes les chansons sont éditées par les Éditions AMOC sauf « Maggie’s Farm » par Special Rider Music, « Rollin and Tumblin » par Watertoons, « Hand Me Down My Walking Cane » est une chanson traditionnelle américaine

Produit et Édité par Juste Une Trace

Enregistré et mixé par Arnaud Bascuñana au Studio 180 – Paris

Masterisé par Maor Appelbaum à Maor Appelbaum Mastering – Los Angeles

Photographies par Edith Gaudy

Conception graphique par Céline Cuvelier

Merci à Mark Weissberg pour la révision des paroles, Cécila Couloigner pour la traduction de l’Italien, Paul Bessone et Antoine Sirven pour la production

Grand merci à José Jeanrot pour sa patience

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